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14/03/2006

Salem

Voila une visite que j'aurais regretté de ne pas faire.
Salem est reliée a Boston par le commuter rail ( sorte de train de banlieu), 30 minutes de trajet, presque la porte à coté. Nous voila donc partis en expédition au pays des sorcières .
A première vue, Salem est une petite ville typique de Nouvelle-Angleterre, tendance ville de ploucs, avec à peu près une église par habitant. Evidement, la ville fait son fond de commerce des sorcières et de tout ce qui peut s'y apparenter, il y a donc un nombre intéressant de boutiques goths (certaines avec des fringues magnifiques mais hors de prix ) et de magasins ésoteriques.
Nous ne croisons pas grand monde dans les rues, quelques touristes égarés et un couple de goths. La ville semble plus que calme. On retrouve l'architecture typique du coin, grandes maisons en bois avec les perrons a colonades, bâtisses de brique rouge. L'ambiance est un peu étrange, quelquechose de morne, ou de trop lisse pour être franchement sain : sans doute n'est ce pas pour rien que HP Lovecrat a utilsé Salem comme modèle pour sa ville d'Arkham. Ceci dit, nous sommes dimanche et il pleut.
Nous nous arrêtons déjeuner dans un resto très cosy, je goûte les " Church Street's Meatloaf" (plat préparé avec de la viande hachée, des épices et des champignons, pas mauvais du tout) avec la table voisine un curé en col romain qui fait la conversation a une des ses paroisiennes. Hum...

Le Witchmuseum, attraction principale de la ville, se dresse comme un décors de théatre particulierement kitch près du jardin public. La statue de Roger Conant, le fondateur de la ville lui fait face, imposante : un puritain, un vrai, du genre qui n'a pas l'air de plaisanter.. Il n'a cependant pas participé a la chasse aux sorcières de 1692, pour la bonne raison qu'il etait retourne ad patres quelques années avant.
Le musée propose de retracer et d'expliquer cette période , puis dans une 2e partie, propose une vision "évolutive" de la sorcellerie, du 17e siècle à nos jours.
Nous entrons dans une grande salle sombre, et nous installons sur des bancs. Autours de nous sont situées de manière circulaire 9 scènes, qui seront éclairées a tour de rôle, évoquant les moments clé de l'histoire. Les tableaux sont composés de manequins de taille presque réelle et commentés en voix off. Le 1er tableau à s'éclairer est une représenation du diable, avec des pieds de bouc comme il se doit et un air patibulaire.
Ensuite, on voit un intérieur de maison, une femme qui file en compagnie de sa fillette, et la voix off explique les conditions de vie des habitants de l'époque, en particulier, des femmes. Au tableau suivant, on voit des gamines rassemblées autours d'une esclave qui leur raconte des histoires vaudous. Le 4e tableau montre le moment où la nièce et la fille du pasteur, tombées malades, sont déclarées possédées... De là démarre la chasse en elle même, avec les dénonciations, les procès, et les exécutions.. Un tableau figure les geoles, un autre le tribunal, un autre encore montre la mise a mort d'un accusé par écrasement (il avait été condamné a une torture consistant en l'accumulation de gros cailloux sur le veinard en question, soit jusqu'a ce qu'il avoue, soit jusqu'a ce qu'il meure. En l'occurence, le gars n'avait rien à avouer.)  Le dernier tableau represente l'exécution par pendaison d'un des 4 hommes condamnés à mort au cours de cette hyserie collective.
Sur cette période, 300 personnes ont été accusées de sorcellerie, 19 ont été condamnées à mort ( 14 femmes & 5 hommes, donc) , on peut trouver la liste de tous les noms dans le hall d'entrée du musée.
La 2e expo est un peu sur le même principe. La aussi, des manequins grandeur nature et des voix off, plus un guide sympa qui explique, répond aux questions et fait les transitions.
Le premier manequin est celui d'une femme, tenant un nourisson dans ses bras. Une sage femme, qui mets les enfants au monde et connait la médecine traditionnelle par les plantes. Le deuxième montre une sorcière sur son balais, avec un visage vert, laide comme les 7 peches capitaux, devenue une des personifications du mal. (c'est celle qu'on retrouve dans les contes pour enfants, comme Hansel et Gretel )
Sur le troisième et dernier tableau, un couple au front ceint de rameaux, vétus de capes et de tuniques de velours, represente les actuels pratiquants de la Wicca (reconnue comme religion officielle aux USA.)
Une frise sur le mur retrace les évènements historiques principaux ayant plus ou moins partie liée avec la sorcellerie : le procès de Jeanne d'Arc et celui de Galilee, l'affaire des poisons , la publication de tel ou tel ouvrage de démonologie, pour arriver à Nancy Reagan et son astrologue favori en passant bien sur par la période du Mac Carthysme, l'autre "chasse aux sorcières".

Evidement, après la visite du musée, il y a le passage obligatoire par la boutique du musée.
On y trouve un certain nombre de bouquins, pour enfants ou pour adultes, plus ou moins sérieux, sur la Wicca, sur la sorcellerie , la magie, etc, mais aussi des exemplaires de La Letrre Écarlate de Nathaniel Hawthrone ( l'histoire se passant dans un contexte voisin).En revanche pas de Poe ou de Lovecraft.
On y trouve surtout toutes sortes de gadgets de mauvais goût et par là même très marrants, des TShirts portant le logo du musée, des chats noirs en peluche, des cartes postales, bref, tout ce qu'on peut trouver habituellement dans une boutique de souvenirs, mis a la sauce locale. Je résiste donc aux couteaux à beurre en forme de doigts coupés, bougeoirs chauve-souris et autres pendentifs-araignée, pour prendre 3 petits bouquins ( un guide des cimetières, un traites des superstitions et un livret sur le musee lui même ) : il ne me reste plus qu'à m'armer de courage et d'un dictionnaire pour les lire.


Pour en savoir un peu plus sur la Witchcraft Hysteria, allez jeter un oeil sur cette page, ( en plus c'est en francais)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sorci%C3%A8res_de_Salem

Le site du musée: http://www.salemwitchmuseum.com/about/

00:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

"Je résiste donc aux couteaux à beurre en forme de doigts coupés, bougeoirs chauve-souris et autres pendentifs-araignée "

Hey pense un peu aux collègues : je voulais un couteau à beurre moi !

Écrit par : Helene | 16/03/2006

Les commentaires sont fermés.