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14/11/2015

vendredi 13

La solidarité. C'est ce que je voudrais retenir et le bout de la lorgnette que je voudrais prendre, pour parler de l'horreur qui vient encore de se produire.

Penser d'avantage à ceux qui ont ouvert leur porte à des inconnus pour offrir un abri, à ceux qui courrent aux hopitaux donner leur sang, qu'à ceux qui sont à l'origine du massacre.

Penser qu'il faut de la beauté, de l'humanité et de l'art pour faire face à la barbarie, qu'il faut vivre et aller de l'avant, qu'il ne fait pas leur offrir le luxe de notre peur.

Que la haine ne doit pas être notre réponse à leur haine, sous peine de se rabaisser au même niveau .

 

Quand Charlie a été attaqué en début d'année, j'étais dans l'effarement qu'on puisse s'en prendre, en France, à un journal, à la liberté d'expression . Aujourd'hui, ce meme effarement : des attentats suicides, ici , en France ? Et pourtant on en entend tous les jours ou presque, des episodes de ce type, un peu partout dans le monde . Mais c'est loin, c'est presque abstrait, alors que là, c'est arrivé sur notre sol- le cynique principe du mort-kilometre, sans doute.

 

Mais, contrairement à la période des attentats contre Charlie, j'ai fait le choix de me couper des médias. J'avais trop laissé tourner la télévision, la radio, je m'étais trouvée noyée sous ce flot anxiogène. Cette fois je ne veux pas voir tourner en boucle les images des victimes, entendre les récupérations politiques, les commentaires, les amalgames. J'irai acheter un ou deux journaux, demain, je piquerai sur le net ce dont j'ai besoin pour comprendre, mais je ne veux pas offrir d'écoute au sensationalisme, au pathos à outrance ou à la surenchère .

Par contre, j'ai tout un stock de photos de Paris, prises lors de mes différents séjours, qui dort sur mon disque dur : je pense que le temps est venu de m'en occuper .

 

20:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

27/05/2015

Roma caput mundi*

Tous les chemins y mènent, parait-il : ce fut en tout cas notre destination de cette année pour le printemps. Rome ! J’avais un très vague souvenir de cette ville, visitée gamine avec mes parents, et pas forcément un très bon : à vrai dire il me restait peu d’éléments en mémoire à part la circulation, les forêts d’antenne TV, le baldaquin de marbre du maître autel de la basilique st Pierre et les quartiers de noix de coco vendus dans la rue. Coté baldaquin, noix de coco et circulation, les choses n’ont guère changé, par contre au rayon des nuisances « modernes », on peut ajouter les vendeurs ambulants de rose, carrément envahissants et la prolifération des perches à selfie au bout duquel on trouve toujours, soit un vendeur ambulant, soit un touriste en mode tartinage d’ego. Horripilant. Mais mis à part ça, Rome ne manque pas de charme et nous en avons pris plein les mirettes et les papilles : 7 églises, 1 musée, 3 sites antiques, une moyenne de 13 kms à pieds par jour, 1 cimetière, des places et des fontaines, des curés et des bonnes soeurs ; et pour les nourritures terrestres, des pâtes et des panini porchetta, des focaccia et des cassatine, des gelati et des carciofi,… Que du bon !

Quelques inquiétudes néanmoins avant le départ, entre l’incendie du terminal 3 à Fiumicino, et ma carte d’identité qui arrivait à échéance –prolongée de 5 ans par une nouvelle loi mais sans garantie qu’elle soit acceptée à l’aéroport. Mais au final tout s’est très bien passé, avec le seul défaut de genre de destinations : ce petit sentiment de frustration de laisser derrière soi plus d’endroits remarquables que ce qu’on a pu en visiter.

 

*oui, à l’heure ou l’enseignement des langues anciennes est remis en question, je m’offre mon petit acte militant et me fais plaisir avec un titre de post en latin !

 

 

20:19 Publié dans Blog, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2015

Acte 3

Apres l’attentat et la traque, voici le 3e acte de la tragédie, l’assaut. Il  était difficile d’imaginer que cela se terminerait autrement. Capturer vivant les assassins aurait permis  peut être d’avoir des informations utiles sur les réseaux, mais il aurait fallu éviter qu’un procès ne viennent  offrir une tribune aux insanités de tous bords, tout comme il faudra éviter que leur mort ne fasse d’eux des « martyrs » ou des exemples pour d’autres décérébrés, d’autres manipulateurs. Mais à l’évidence ils n’étaient pas partis pour se laisser prendre vivants.

J’espère aujourd’hui seulement que si l’Histoire se souviendra des noms des victimes, elle relèguera aux oubliettes celui des assassins, car ils ne méritent pas autre chose.

Que l’on se souvienne des plumes et des crayons de Cabu, Charb, Wolinki, Tigous, Honoré, Elsa Cayat  et Bernard Maris. Que l’on se souvienne de ceux qui sont morts d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Que l’on se souvienne des hommes et femmes en uniforme qui ont donné leur vie aussi dans l’exercice de leur mission .Que l’on se souvienne à travers eux de la nécessité de défendre la liberté et les valeurs républicaines. Mais que sombre au fin fond des limbes de l’oubli les noms de ces 3 assassins, que ceux-là qui cherchaient à la fois une forme de gloire et la promotion d’une cause aussi fallacieuse que terrible ne soient récompensés que par le néant.

 

Hier je me suis rendue en ville sur le lieu où la veille, nous étions tous rassemblés. J’ai voulu refaire des photos des bougies, des fleurs et des pancartes. Des images comme un témoignage, un hommage. Je ne sais pas dessiner, mais ces modestes textes et photos sont ma petite contribution à l’édifice. C’est ma manière de tirer mon chapeau à ces gens que j’aimais bien. 

17:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)