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  • Rassegna

     

    Samedi soir : concert de la Compagnie Rassegna, au Plan d'Aubs, un petit village niché au cœur de la Sainte Baume. Il se mérite par une petite route sinueuse, dans la forêt, mais les paysages du Haut Var sont superbes. C'est une église romane, sans fioritures, avec ses arcades rondes. Ce n'est pas la pierre blanche de Silvacane ou Senanque, mais plutôt une pierre un peu rousse, irrégulière, rappelant la couleur de la terre. Autours, la vue sur les collines s'étale à perte de vue, caressées par le soleil couchant.

    Au programme, des « chants méditerranéens » . Les artistes sont au nombre de 8, dont une femme, à la fois chanteurs et instrumentistes ( violon, oud, clarinette, guitares, vielle à roue )

    Le « chef », derrière sa guitare, réussit à mettre une excellente ambiance en distillant quelques plaisanteries dans les présentations de chaque chant. Les voix, chacune d'une couleur particulière, toujours typées, remplissent l'espace de la chapelle comme si celle-ci n'avait été conçue que pour cela.

    En deux heures de concert, nous passons par l'Espagne, la Sicile, le Maghreb, la Grèce, la Corse... Du flamenco aux polyphonies, du chant de résistance anti-franquiste aux complaintes amoureuses, nous voyageons dans les sentiments humains autant que dans les langues et les contrées.

     

     

    http://rassegna.free.fr/presentation.htm

    http://rassegna.free.fr/discographie.htm#dominos

     

  • Réminiscence

     

    Ce soir, répétiton de chorale ; nous apprenons un nouvel air, le chœur de Brindisi, de Traviata : « libiamo ne lieti calici... » Au fil des notes me sont revenus le Shubert Theatre, la ballade le long du Boston Common après le spectacle, ...

  • Brel, plus juste que je pourrais l'être

       Orly   
      Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux La pluie les a soudés Semble-t-il l'un à l'autre Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux Et je les sais qui parlent Il doit lui dire: je t'aime Elle doit lui dire: je t'aime Je crois qu'ils sont en train De ne rien se promettre C'est deux-là sont trop maigres Pour être malhonnêtes  
      Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux Et brusquement ils pleurent Ils pleurent à gros bouillons Tout entourésqu'ils sont D'adipeux en sueur Et de bouffeurs d'espoir Qui les montrent du nez Mais ces deux déchirés Superbes de chagrin Abandonnent aux chiens L'exploir de les juger  
      Mais la vie ne fait pas de cadeau! Et nom de dieu! C'est triste Orly le dimanche Avec ou sans Bécaud  
      Et maintenant ils pleurent Je veux dire tous les deux Tout à l'heure c'était lui Lorsque je disais il Tout encastrés qu'ils sont Ils n'entendent plus rien Que les sanglots de l'autre Et puis infiniment Comme deux corps qui prient Infiniment lentement ces deux corps Se séparent et en se séparant Ces deux corps se déchirent Et je vous jure qu'ils crient Et puis ils se reprennent Redeviennent un seul Redeviennent le feu Et puis se redéchirent Se tiennent par les yeux Et puis en reculant Comme la mer se retire Ils consomment l'adieu Ils bavent quelques mots Agitent une vague main Et brusquement ils fuient Fuient sans se retourner Et puis il disparaît Bouffé par l'escalier  
      La vie ne fait pas de cadeau! Et nom de dieu! C'est triste Orly le dimanche Avec ou sans Bécaud  
      Et puis il disparaît Bouffé par l'escalier Et elle elle reste là Cœur en croix bouche ouverte Sans un cri sans un mot Elle connaît sa mort Elle vient de la croiser Voilà qu'elle se retourne Et se retourne encore Ses bras vont jusqu'a terre Ça y est elle a mille ans La porte est refermée La voilà sans lumière Elle tourne sur elle-même Et déjà elle sait Qu'elle tournera toujours Elle a perdu des hommes Mais là elle perd l'amour L'amour le lui a dit Revoilà l'inutile Elle vivra ses projets Qui ne feront qu'attendre La revoilà fragile Avant que d'être à vendre Je suis là je le suis Je n'ose rien pour elle Que la foule grignote Comme un quelconque fruit  
      Ce n'était pas Orly... mais tous les aéroports se ressemblent,  et je n'oublierai pas Logan Airport, en ce samedi d'août                                                                                                                                                                                                                              mais tous les aéroports se ressemblent, et je n'oublierai pas Logan Airport, en ce samedi d'aoüt.