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  • Old time, old love

    Il n’y aura donc jamais de symétrie entre nous.

    La place qui est la tienne, la place de cette histoire, pour fondatrice qu’elle ait été pour moi, ne peut trouver son équivalent dans ta vie.

    Je le comprends aujourd’hui et je le constate sans rancœur.

    Te revoir fut une sorte de défi, après avoir été une vraie déchirure. (Il m’a fallu du temps pour apprendre à guérir de toi.)

    Mais aujourd’hui, je peux le faire sans danger.

    Je te vois et les presque trente années écoulées n’ont pas vraiment modifié ta beauté. Je reconnais chaque expression de ton regard, chaque geste, chaque intonation de ta voix. Je reconnais ton sourire et ton rire, la cicatrice au bord de ta lèvre, les reflets verts de tes yeux.

    Je reconnais tout ce qui à cette époque me transportait d’amour et de désir pour toi.

    J’ai retrouvé il y a quelques mois le recueil de poèmes dont tu étais l’inspirateur et le dédicataire, et te revoyant je comprends encore chaque mot que j’ai écrit. Je n’ai rien oublié de nous, même s’il n’y eut jamais vraiment de nous.

    Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Une grande tendresse à ton égard, et une gratitude aussi car sans toi, sans la musique que tu m’as fait découvrir, sans l’amour déraisonnable que je te portais et qui m’a fait m’y investir, je ne vivrais pas cette histoire étonnante qui m’anime aujourd’hui.

    Tu auras changé ma vie plusieurs fois.

    Il aura fallu la mort de ton frère pour en prendre conscience.

     

  • Adieu

    Il s’agira demain de dire adieu à un ami.

    Pas un de ces amis proches que l’on voit tout le temps, mais un de ceux qui, même après s’être un peu perdus de vue, restent très cher à votre cœur.

    Une dizaine d’année à chanter ensemble au chœur, c’est se voir une fois par semaine et trois week-end l’année, c’est partager les moments forts de concerts et les fêtes de 3e mi-temps.

    C’est connaître les conjoints, et accompagner l’autre quand un coup du sort le rend veuf. C’est l’accueillir à nouveau dans le cocon du groupe après un deuxième coup du sort sous forme d’un AVC. Jusqu’à ce qu’un troisième, ce foutu crabe, ne l’éloigne définitivement .

    Il se sera battu longtemps et vaillamment mais hélas il n’aura pas vu se lever l’année nouvelle.

    Mais cet ami, s’il a une place unique, c’est aussi par un lien particulier : l’amour inconditionnel qui me lia à son frère il y a bien des années. Si le sort l’avait décidé, si mes vœux de l’époque avaient été exaucés, nous aurions été de la même famille.

    Demain, au moment de lui dire adieu et de chanter pour lui l’Ave Verum de Mozart, je ne pourrai pas faire l’économie du souvenir de cette histoire ancienne. Il y a aura là bien des choses en présence : mon affection pour Bruno, le souvenir de mon amour pour son frère, et la présence de celui ci avec la femme qu’il m’avait préférée à l’époque, avec les enfants qu’elle lui a donnés -ce qui n’aurait pas été possible avec moi.

    Le hasard a fait que je ne les aurai jamais connus ensemble. Si l’un et l’autre, je les ai connus et côtoyés par le biais du chant et du même chœur, ce n’est qu’après le départ de Stéphane que j’ai rencontré Bruno. Je me souviendrai toujours de la première fois où je l’ai entendu chanter : au-delà de l’air de famille, la ressemblance de sa voix avec celle de son frère m’avait cueillie, plantant son glaive dans une plaie encore ouverte.

    Il y a des histoires dont on ne revient jamais tout à fait, malgré le temps et tout le raisonnable.

    Mais demain, il s’agira de dire adieu à un ami.

  • 8 mars

    Comme chaque année, le 8 mars, s'agissant de la "journée de lutte pour les droits des femmes", on a droit au raccourci "journée de la femme" ce qui est agaçant en soi. "La femme" étant donc une espèce à part, comme le cheval ou le ragondin, avec sa bien-connue nature douce et maternelle.

    Et cela s'assortit tout un tas de communications, allant de la promo sur les soutien-gorge aux mèmes et citations diverses sur la "beauté de la femme".
    A côté de cela, sur beaucoup de sites/pages consacré à a photo, on trouve pour l'occasion une série de portrait de nanas, plus ou moins sexy mais toujours dans une mise en scène esthétisante sensée rendre hommage à l'espèce sus-nommée, la femme.

    Et ça aussi, ça m'agace.

    Parce que sous le prétexte de "rendre hommage", de "valoriser", on rappelle sans équivoque que la 1er chose que notre société demande à une femme, c'est d'être décorative. D'être belle selon les standards de son époque -en l’occurrence, jeune, mince, lisse de peau et de cheveux, parce qu'il ne faut pas déroger de trop à la sacro-sainte norme.
    Parce qu'on objectifie là où faudrait de la liberté, qu'on relaie le injonctions sociales perpétuelles à l'adresse des femmes, là ou il faudrait rappeler qu'un pas de coté face à ces modèles est possible.
    Parce qu’il n'y a pas "la femme" mais "des femmes", des individus aussi divers que possibles dans leur physique, leur mental et leurs aspirations.

    Et que tout cela nous montre que le chemin vers l'égalité est encore long.