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06/07/2006

Paradis et Enfer

Celui qui a dit que le silence qui suit Mozart est encore du Mozart ne s’est jamais trouvé au sortir d’un concert pris dans la foule ses supporters bramant une joie hystérique liée à la victoire de leur équipe favorite en demi-finale de la coupe du monde de football…Le concert avait lieu à Martigues, dans l’église de la Madeleine   (une église du 17e, baroquisante, avec ses tableaux maniéristes et ses faux marbres peints, ses angelot en trompe-l’œil et ses flonflons dorés).                                                                                                                                                             Le Quatuor Enesco, auquel s’est rajouté en 2e partie un piano, nous a joué 2 pièces de Mozart (bicentenaire oblige), puis une heureusement brève œuvre contemporaine, et a terminé avec le quintette pour cordes et piano opus 57 de Chostakovitch.  Je ne connaissais pas cette dernière œuvre, et l’ai découverte avec beaucoup d’intéret. Très russe, alternant des couleurs allant du quasi contemporain au très romantique, avec un scherzo dansant comme une musique espagnole…Moment de grâce musicale, avec un 1er violon virtuose, au toucher d’archet étonnant : léger comme une plume, précis comme un laser. Sporadiquement, le concert était ponctué par les cris de mouettes ( l’église est au bord de l’eau) ou, moins poétique, par les beuglements des supporters ( il y a toujours un bar à coté des églises), les buts ou actions phare du match semblant étrangement coïncider avec les pianissimi du quatuor.Après le concert, il a bien fallu rentrer. Déjà, l’entracte nous avait donné un avant goût de l’ambiance dans la ville, avec des slogans pleins d’élégance et une agitation naissante, ce n’était pas grand chose au regard de ce qui nous attendait ensuite. Traverser Martigues au milieu d’une horde hurlante, klaxonnante, voitures remplies d’abrutis agitant drapeaux et fumigènes en s’époumonant….Pour moi, une vision très proche de l’idée que je me fais de l’Enfer ! Arrivés à Aix, même topo, même en prenant soin d’éviter le centre ville, pas moyen d’échapper à la troupasse des crétins survoltés. De ceux qui jusqu’à  2 h du matin ont manifesté sous les fenêtres, acclamant Zidane et crachant sur l’ennemi vaincu à grand renfort d’insultes.                                                                                                                                                       Moi, j’aurais voulu dormir. Rêver de musique, de violon, de piano, de Mozart et de Chostakovitch, dans un monde aussi beau et pur que le son du Quatuor Enesco.

16:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Le monde est ainsi fait, que chacun de nos semblable est autrement.
Le goût se forme des choses vécues. Pour beaucoup le son du violon est un grincement sans intérêt. Pour d'autre, la victoire du gladiateur abreuve l'instinct animal de l'humain. Certains vont au conservatoire comme d'autre à l'entraînement de foot. C'est la même passion, les mêmes émotions, la même douceur que de se sentir, pour une fois, un moment, loin du monde, loin de son quotidien. Passer un instant au Paradis, mon Paradis, le mien. Et pourtant, s'exprimant à l'opposé, c'est le même moment, la même amnistie.

Écrit par : Gamal le Celte | 10/07/2006

@Gamal : belle vertu que la tolérance. Et ton blog, en hibernation estivale?

Écrit par : Eurydice | 11/07/2006

Mon blog ????
Non il avance un peu, mais c'est vrai pas autant que je le voudrai.

"Et je ne suis pas tolérant ! :-)
Etre tolérant suppose que l'on se trouve au dessus de l'autre. "

Écrit par : Gamal le Celte | 11/07/2006

Les commentaires sont fermés.