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25/07/2006

Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil

Je repensais à ce bout de chanson d’Aznavour à l’instant, en descendant à la poste, près du boulot. Là, ont élu domicile une dizaine de clodos, ils ont aménagé leur espace en installant un vieux canapé de récup’ entre les bancs publics, sous les platanes, sur le trottoir. Au-dessus de leur tête, la passerelle autoroutière d’Arenc, à coté, la chaussée. Je les y vois tous les jours, posés là avec leurs bouteilles de bière et de pinard, sans ages, crasseux, affalés dans leurs loques. Ils viennent régulièrement pisser devant notre porte ou se soulager entre les voitures, sous nos fenêtres. Quand je suis passée, l’un d’entre eux était occupé à gratifier à haute voix un interlocuteur imaginaire de noms d’oiseaux assez fleuris, sous le regard indifférent des ses congénères, à moitié endormis ou trop habitués.

Il y a dans ce quartier beaucoup de misère, logements insalubres, SDF... Ce n’est pas le seul.

Je n’avais jamais fait attention jusqu’ici au nombre des mendiants en centre ville, Canebière ou rue ST Férréol. Des femmes,assises à même le trottoir, tendant la main, souvent accompagnées d’un ou plusieurs enfants. Il fait presque 40 degrés en plein soleil et elles sont là, entièrement voilées de noir, sur leur bout de bitume brûlant. D’où viennent elles, qui sont elles, pourquoi en sont elles arrivées là, personne ne le sait. L’autre jour, c’était un jeune couple, elle voilée intégralement, lui en djellaba, avec un jeune enfant qui faisait ses besoins au milieu du trottoir, sous le nez des passants. Quand Marseille prend de faux airs de Calcutta…

Je ne sais pas si la misère est moins pénible au soleil.

Je me dis juste que j’ai de la chance. : Certes, dans 2 jours je suis au chômage, mais j’ai encore de quoi vivre, un toit sur ma tête dans un endroit sympa, et des perspectives d’avenir.

Et puis, incidemment, je savoure le goût de cette liberté d’occidentale à qui on n’impose pas d’uniforme, ni voile ni burka, libre de s’habiller comme le veut, de montrer ses cheveux, de sortir seule et de décider pour elle-même.

15:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Quand on regarde de plus près la carte du monde, la misère aime beaucoup le soleil.....
Merci pour ce texte simple, authentique, sans morale, ni débat...seulement quelques mots pour regarder les choses autrement.
L'autre jour, sur Aix (et oui même Maryse a ses clodos et ils sont bien plus "propres" qu'elle!), en poireautant devant une porte close, j'ai causé quelques minutes avec trois d'entre eux, je crois que nous sommes repartis tous les quatre avec un petit morceau de sourire dans la poche :o)...tout petit...

Écrit par : Nat | 29/07/2006

Les commentaires sont fermés.