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11/06/2006

Rassegna

 

Samedi soir : concert de la Compagnie Rassegna, au Plan d'Aubs, un petit village niché au cœur de la Sainte Baume. Il se mérite par une petite route sinueuse, dans la forêt, mais les paysages du Haut Var sont superbes. C'est une église romane, sans fioritures, avec ses arcades rondes. Ce n'est pas la pierre blanche de Silvacane ou Senanque, mais plutôt une pierre un peu rousse, irrégulière, rappelant la couleur de la terre. Autours, la vue sur les collines s'étale à perte de vue, caressées par le soleil couchant.

Au programme, des « chants méditerranéens » . Les artistes sont au nombre de 8, dont une femme, à la fois chanteurs et instrumentistes ( violon, oud, clarinette, guitares, vielle à roue )

Le « chef », derrière sa guitare, réussit à mettre une excellente ambiance en distillant quelques plaisanteries dans les présentations de chaque chant. Les voix, chacune d'une couleur particulière, toujours typées, remplissent l'espace de la chapelle comme si celle-ci n'avait été conçue que pour cela.

En deux heures de concert, nous passons par l'Espagne, la Sicile, le Maghreb, la Grèce, la Corse... Du flamenco aux polyphonies, du chant de résistance anti-franquiste aux complaintes amoureuses, nous voyageons dans les sentiments humains autant que dans les langues et les contrées.

 

 

http://rassegna.free.fr/presentation.htm

http://rassegna.free.fr/discographie.htm#dominos

 

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09/06/2006

Réminiscence

 

Ce soir, répétiton de chorale ; nous apprenons un nouvel air, le chœur de Brindisi, de Traviata : « libiamo ne lieti calici... » Au fil des notes me sont revenus le Shubert Theatre, la ballade le long du Boston Common après le spectacle, ...

22:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2006

Musique !

Nous avons recommencé à travailler le Stabat Mater de Rossini. Voilà qui me renvoie des années en arrière, avec un souvenir quasi magique. Deux choses surtout : St. ; et la sensation lors du concert. C'était mon 1er concert classique, en 1998, j'étais dans le Chœur depuis 1 an ou 2. Impression unique, jamais retrouvée par la suite, d'être dans une bulle, un cocon, comme en apesanteur, DANS la musique. Ne pas voir passer le temps, ne pas s'apercevoir que l'on a mal au pieds ou que l'on a trop chaud à cause des projecteurs. Ne pas sentir l'effort de la « performance » vocale. Être bien, simplement, dans le lieu et le moment le plus justes qui soient. Je me souviens aussi du magnifique mezzo-soprano de Raphaëlle Ivery qui fut une des 4 solistes . C'était la 1er œuvre classique que je travaillais, de surcroît une œuvre dont j'ignorais l'existence avant de devoir la chanter. Ma culture musicale de base, bien que plutôt classique, ne me portait pas vers la musique vocale, qu'elle soit profane ou religieuse. J'ai appris avec le Chœur l'amour des Requiem et de l'Opéra. Mais cette époque était aussi celle de St. Je pourrais presque appliquer à ma vie une chronologie liée à mes rencontres, comme on on dit en Histoire « cela se passait sous le règne de Louis XIV ». Je me souviens des moments où nous répétions ensemble, soprano et baryton, moi avec mes hésitations de débutante, lui avec sa voix de velours et sa manière particulière de considérer la musique comme avant tout rythmique, en bon percussionniste. Je me souviens de sa maison, un petit studio à Martigues, où la batterie prenait presque plus de place que le reste. Les tentures sur les murs, le lit en mezzanine, l'odeur de l'encens et du patchouli. Les murs trop mal isolés pour contenir le son de l'instrument, au grand dam des voisins qui devaient voir régulièrement envie d'étrangler cet olibrius bruyant. Ainsi, l'été, nous chargions la batterie dans le coffre de sa voiture (une R5 plus proche de l'épave que de la voiture digne de ce nom, qui roulait réellement par pitié pour nous), et prenions la clé des champs. Une fois sortis de la ville, direction de la campagne, dans les collines,à la recherche d'un endroit tranquille pour nous installer. Il s'agissait alors de remonter l'instrument, pièce par pièce, cymbale par cymbale. Je m'installais à l'ombre des pins pour lire ou pour écrire, pendant que lui jouait. J'avais même fini par apprendre quelques rudiments moi même. Moments décalés mais aussi une certaine forme de perfection de l'instant, réunissant comme il se doit la musique et l'amour. Ceci dit, le romanesque décalé ne devait pas séduire de façon égale tout le monde, à en juger par notre rencontre un jour avec un garde-forestier (ou un policier municipal, peut-être, enfin, un homme-en-uniforme) qui nous fit dégager manu militari, ne voulant visiblement pas croire que nous ne faisions rien de répréhensible. (A croire que les coups de tambours perturbaient considérablement la vie des habitants de la guarigue : les cigales devaient se sentir victimes de concurrence déloyale, et les lapins de stress intense...)

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