Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/01/2015

Acte 3

Apres l’attentat et la traque, voici le 3e acte de la tragédie, l’assaut. Il  était difficile d’imaginer que cela se terminerait autrement. Capturer vivant les assassins aurait permis  peut être d’avoir des informations utiles sur les réseaux, mais il aurait fallu éviter qu’un procès ne viennent  offrir une tribune aux insanités de tous bords, tout comme il faudra éviter que leur mort ne fasse d’eux des « martyrs » ou des exemples pour d’autres décérébrés, d’autres manipulateurs. Mais à l’évidence ils n’étaient pas partis pour se laisser prendre vivants.

J’espère aujourd’hui seulement que si l’Histoire se souviendra des noms des victimes, elle relèguera aux oubliettes celui des assassins, car ils ne méritent pas autre chose.

Que l’on se souvienne des plumes et des crayons de Cabu, Charb, Wolinki, Tigous, Honoré, Elsa Cayat  et Bernard Maris. Que l’on se souvienne de ceux qui sont morts d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Que l’on se souvienne des hommes et femmes en uniforme qui ont donné leur vie aussi dans l’exercice de leur mission .Que l’on se souvienne à travers eux de la nécessité de défendre la liberté et les valeurs républicaines. Mais que sombre au fin fond des limbes de l’oubli les noms de ces 3 assassins, que ceux-là qui cherchaient à la fois une forme de gloire et la promotion d’une cause aussi fallacieuse que terrible ne soient récompensés que par le néant.

 

Hier je me suis rendue en ville sur le lieu où la veille, nous étions tous rassemblés. J’ai voulu refaire des photos des bougies, des fleurs et des pancartes. Des images comme un témoignage, un hommage. Je ne sais pas dessiner, mais ces modestes textes et photos sont ma petite contribution à l’édifice. C’est ma manière de tirer mon chapeau à ces gens que j’aimais bien. 

17:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2015

J'y étais

Ce soir à 18h30 était organisé place de la Mairie un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. J’y étais. Je n’étais pas seule. La place était pleine de monde, une foule dense de jeunes et moins de  jeunes, ados, couples, enfants, aixois et étudiants. Tous s’étaient donné le mot pour être là et saluer la mémoire des 12 victimes, clamer leur attachement à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté tout court.

Un bref discours donné par Philippe Senegas, (de la Ligue des Droits de l’Homme) , aux mots justes et choisi, sans récupération politique, se termine par une lecture partielle du poème d’Éluard :

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Liberté

Le début du rassemblement s’est fait dans le silence, un silence impressionnant au vu de la foule présente. Des bougies, fleurs et petits mots sont disposés sur les rebords de fenêtre de la mairie, et sur le socle du grand sapin de Noël toujours présent une main anonyme a écrit «  c’est l’encre qui doit couler et non le sang ». Parmi de nombreux panneaux « je suis Charlie », quelques autres slogans et des stylos dressés. Puis c’est le 1er couplet de la Marseillaise qui s’élève, après une minute de silence. Il sera repris de nombreuses fois, entre les appels divers : « liberté d’expression », «Charlie est vivant » et «  on n’a pas peur ».

J’ai quitté la manifestation au moment où elle descendait vers la Rotonde et le cours Mirabeau. En rentrant, j’ai vu Patrick Pelloux au journal, et comme ce matin en l’écoutant à la radio, j’ai eu les larmes aux yeux. J’admire sa force d’avoir ce discours sans haine, alors même qu’il est frappé en plein cœur par cette tragédie, sa dignité malgré l’intense émotion.

Merci à lui de continuer à porter ce discours d’ouverture à l’heure où fleurissent ça et là les commentaires vengeurs et/ou abjects.

Merci de cette humanité qui est la sienne.

Que cela nous serve de leçon à tous pour continuer, demain, après-demain et tous les jours qui vont suivre, à porter ces valeurs .

DSCN7100.JPG

22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2015

Je suis Charlie

J’avais prévu de mettre, en ce début d’année, un post enthousiaste sur la représentation de l’élixir d’amour vue dimanche, ou sur ma visite du musée Reattu d’Arles. Finalement, non, l’actualité ne m’en laisse pas le droit aujourd’hui.

Je n’étais pas une lectrice assidue de Charlie hebdo, je n’étais pas une fan inconditionnelle de ce journal. Néanmoins, aujourd’hui je me sens comme beaucoup à la fois stupéfaite et blessée. Révoltée et triste. Touchée humainement en pensant aux 12 victimes, touchée dans mes valeurs par ce crime contre la liberté d’expression ( la liberté de penser, de créer, de critiquer, de se moquer comme le dit si bien Axel Kahn ici).

Par exemple, Cabu, pour moi, c’était le mec qui dessinait les caricatures de Dorothée quand j’étais gamine, une bouille que j’ai toujours connue et dont l’humour m’a accompagnée. Aujourd’hui, le grand Duduche et même le Beauf sont orphelins…je n’arrive pas à croire qu’il ait été ainsi exécuté.

Et au-delà de l’horreur que m’inspire cet acte, il y a l’inquiétude quant à ses conséquences. Il  suffit de lire les commentaires laissés  sur les sites d’info ou autres : la nausée n’est jamais loin, quand la bêtise et la haine se donnent la main, d’amalgames en racourcis.

Je bloguerai plus tard sur Donizetti et Réattu.

 

Aujourd’hui, je suis Charlie.