27.07.2006
Le chant des sirènes
Ma compagne…ma familière, depuis tant d’années, toi qui m’a suivie pas à pas, et pourtant à laquelle je n’ai jamais cédé ; je te connais bien. Je sais comment tu te manifestes, et quand, même si tu parviens encore à me surprendre en surgissant de manière inopinée. Il n’y a pas toujours de signal d’alarme. Il y a par contre souvent tes propres compagne, la lassitude, et la souffrance. Il y a ce vide qui vient comme une lame de fond, rendant toute chose inutile.
Je sais que tu viens souvent quand je suis en voiture, parce que ce serait si facile, un coup de volant, un freinage tardif…Et si tout s’arrêtait ici, qu’est ce que ça changerait à la face du monde ? Puisque tout est voué à s’arrêter, puisque tout ce qui se construit s’écroule, puisque ce n’est qu’une question de temps, alors, pourquoi pas maintenant ? Je connais ces phrases que tu me souffles à l’oreille, cela fait si longtemps que tu me les dis. J’ai oublié l’âge précis que j’avais la première fois que tu es venue me voir. Tu m’as adoptée en cette fin d’enfance, m’ayant regardée grandir et sentant le terrain fertile, tu ne m’as plus quittée.
Ce matin de nouveau, je me suis éveillée avec ta voix dans les oreilles.
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25.07.2006
Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil
Je repensais à ce bout de chanson d’Aznavour à l’instant, en descendant à la poste, près du boulot. Là, ont élu domicile une dizaine de clodos, ils ont aménagé leur espace en installant un vieux canapé de récup’ entre les bancs publics, sous les platanes, sur le trottoir. Au-dessus de leur tête, la passerelle autoroutière d’Arenc, à coté, la chaussée. Je les y vois tous les jours, posés là avec leurs bouteilles de bière et de pinard, sans ages, crasseux, affalés dans leurs loques. Ils viennent régulièrement pisser devant notre porte ou se soulager entre les voitures, sous nos fenêtres. Quand je suis passée, l’un d’entre eux était occupé à gratifier à haute voix un interlocuteur imaginaire de noms d’oiseaux assez fleuris, sous le regard indifférent des ses congénères, à moitié endormis ou trop habitués.
Il y a dans ce quartier beaucoup de misère, logements insalubres, SDF... Ce n’est pas le seul.
Je n’avais jamais fait attention jusqu’ici au nombre des mendiants en centre ville, Canebière ou rue ST Férréol. Des femmes,assises à même le trottoir, tendant la main, souvent accompagnées d’un ou plusieurs enfants. Il fait presque 40 degrés en plein soleil et elles sont là, entièrement voilées de noir, sur leur bout de bitume brûlant. D’où viennent elles, qui sont elles, pourquoi en sont elles arrivées là, personne ne le sait. L’autre jour, c’était un jeune couple, elle voilée intégralement, lui en djellaba, avec un jeune enfant qui faisait ses besoins au milieu du trottoir, sous le nez des passants. Quand Marseille prend de faux airs de Calcutta…
Je ne sais pas si la misère est moins pénible au soleil.
Je me dis juste que j’ai de la chance. : Certes, dans 2 jours je suis au chômage, mais j’ai encore de quoi vivre, un toit sur ma tête dans un endroit sympa, et des perspectives d’avenir.
Et puis, incidemment, je savoure le goût de cette liberté d’occidentale à qui on n’impose pas d’uniforme, ni voile ni burka, libre de s’habiller comme le veut, de montrer ses cheveux, de sortir seule et de décider pour elle-même.
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21.07.2006
Robinson Crusoe
Je n'ai plus d'internet chez moi, ni de téléphone fixe, depuis 10 jours et pour une durée indéterminée... Tel un fumeur privé de cigarettes, me voilà obligée de jouer les squatteurs pour grapiller quelques minutes de conexion chez des amis compatissants... Mon PC flambant neuf trône sur le bureau comme une belle machine à écrire... c'est bien la peine!!
Allez, je vais mettre un cierge sur l'autel du dieu des geeks en espérant que cela se résolve rapidement ! Et vous, priez pour moi sainte Alice pour que Télécom-Italia fasse son boulot...
11:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pique Nique
Me voici de retours de la capitale : 4 jours à Paris pour prendre mon bain de jouvence gothistique !
Le prétexte, c’est le pique nique annuel organisé par le site Internet Netgoth, où je traîne régulièrement depuis quelques lustres. Chaque année depuis 98, le samedi suivant le 14 juillet, les goths de France et de Navarre se retrouvent sur la pelouse du château de Versailles pour prendre l’air, deviser et faire connaissance IRL. C’est le 2e opus pour moi.
Nous nous retrouvons donc une centaine de corbeaux posés sur l’herbe tendre près de la « pièce d’eau des suisses », à l’ombre des grands arbres.
Arriver à Versailles fut en soi une aventure : 3 heures pour arriver depuis Rosny, aidés par les embouteillages sur la A86, et la fausse bonne idée de prendre les chemins de traverse pour zapper les encombrements. Appliquant la loi de Murphy qui dit qu’un raccourci double généralement le temps de trajet, nous visitons le Val de Marne et l’Essonne. Vers 14h, nous arrivons finalement à bon port, et nous installons par terre, une cape en guise de nappe, sortant poulet roti chips et rosé frais de la glacière.
Une fois un peu restaurés, nous commençons à faire le tour des îlots et des petits groupes posés ça et là. L’occasion de faire connaissance avec les nouvelles têtes, de retrouver ceux et celles avec qui on avait sympathisé l’année dernière et que l’on n’avait pas revus depuis, de glaner de nouveaux contacts MSN. L’occasion aussi de faire des photos en nombre : portraits de famille, vues d’ensemble, clichés rigolos pris sur le vif…bref, tout ce qu’il faut pour se fabriquer des souvenirs.
Cette année, un photographe professionnel était présent, cherchant des modèles pour son book perso, et nous avons eu droit aussi à un reportage assorti d’interviews, sans savoir ou et quand ce serait diffusé.
Nous avons également eu la visite d’un petit groupe de jeunes gens à la mode, vêtus de T-Shirt oranges et de lunettes de surfeurs, venus nous aborder et s’enquérir de nos mœurs. Visiblement, ils ne connaissaient les goths qu’à travers les émissions de M6 ou TF1, et semblaient tout émotionnés d’en rencontrer des vrais. J’avais un peu de mal parfois à voir si leurs questions se formulaient au 1er ou au 2e degré, surtout quand nous avons eu droit au « Mais vous êtes chrétiens ? Vous croyez en quoi ? » Ahem…étant rassemblés su le tapis une prêtresse de Odin, une sataniste et une agnostique, nous proposons d’aller chercher deux amis, l’un musulman l’autre catholique, pour faire bonne mesure. (Allez, les goths c’est comme les boites de Quality Street, un assortiment de plein de choses !!) Au final, ils nous proposent de faire des photos ensemble ( orange et noir, ça fait joli), et nous promettent de revenir l’an prochain mais en noir cette fois.
Vers la fin de l’après midi, les rangs commencent à se clairsemer. Une soirée a lieu le soir même aux Caves Saint Sabin, et ceux qui envisagent de s’y rendre plient bagage pour aller se refaire une beauté.
Nous faisons partie des derniers des mohicans sur l’herbe, et ne levons le camps que vers 20h.
Cette fois, en prenant le bon, chemin, nous ne mettons que 30 minutes pour rentrer, et nous nous écroulons sur le canapé : c’est fou ce que ça fatigue de rester une journée assis dans l’herbe à ne rien faire !!!
11:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.07.2006
Paradis et Enfer
Celui qui a dit que le silence qui suit Mozart est encore du Mozart ne s’est jamais trouvé au sortir d’un concert pris dans la foule ses supporters bramant une joie hystérique liée à la victoire de leur équipe favorite en demi-finale de la coupe du monde de football…Le concert avait lieu à Martigues, dans l’église de la Madeleine (une église du 17e, baroquisante, avec ses tableaux maniéristes et ses faux marbres peints, ses angelot en trompe-l’œil et ses flonflons dorés). Le Quatuor Enesco, auquel s’est rajouté en 2e partie un piano, nous a joué 2 pièces de Mozart (bicentenaire oblige), puis une heureusement brève œuvre contemporaine, et a terminé avec le quintette pour cordes et piano opus 57 de Chostakovitch. Je ne connaissais pas cette dernière œuvre, et l’ai découverte avec beaucoup d’intéret. Très russe, alternant des couleurs allant du quasi contemporain au très romantique, avec un scherzo dansant comme une musique espagnole…Moment de grâce musicale, avec un 1er violon virtuose, au toucher d’archet étonnant : léger comme une plume, précis comme un laser. Sporadiquement, le concert était ponctué par les cris de mouettes ( l’église est au bord de l’eau) ou, moins poétique, par les beuglements des supporters ( il y a toujours un bar à coté des églises), les buts ou actions phare du match semblant étrangement coïncider avec les pianissimi du quatuor.Après le concert, il a bien fallu rentrer. Déjà, l’entracte nous avait donné un avant goût de l’ambiance dans la ville, avec des slogans pleins d’élégance et une agitation naissante, ce n’était pas grand chose au regard de ce qui nous attendait ensuite. Traverser Martigues au milieu d’une horde hurlante, klaxonnante, voitures remplies d’abrutis agitant drapeaux et fumigènes en s’époumonant….Pour moi, une vision très proche de l’idée que je me fais de l’Enfer ! Arrivés à Aix, même topo, même en prenant soin d’éviter le centre ville, pas moyen d’échapper à la troupasse des crétins survoltés. De ceux qui jusqu’à 2 h du matin ont manifesté sous les fenêtres, acclamant Zidane et crachant sur l’ennemi vaincu à grand renfort d’insultes. Moi, j’aurais voulu dormir. Rêver de musique, de violon, de piano, de Mozart et de Chostakovitch, dans un monde aussi beau et pur que le son du Quatuor Enesco.
16:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.07.2006
Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule
Je viens de recevoir une lettre recommandée, de la part de mon futur-ex employeur, n'invitant à un "entretien préalable à un éventuel licenciement".
Apres 5 ans de bons et loyaux service dans le social, me voici invitée à re-passer de l'autre côté du bureau...
11:35 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



