28.06.2006

Beurk !

 

 

Les éboueurs ont repris le travail hier sur Marseille, paraît-il….  Après 7 jours de grêve pour un motif que j’ignore, avec une température moyenne sur la ville dépassant les 30 degrés, les éboueurs (employés municipaux, notons le) ont dû finir par prendre en  pitié les Marseillais submergés par les immondices.

Ce matin, j’ai eu le privilège de devoir me rendre en centre-ville, rue de Rome, pour ralier un de mes lieux de travail. Je sors donc du métro station Noailles et passe par la rue de l’Accademie puis la rue Rouvière…Ce n’est pas un quartier habituellement très propre : je me souviens d’avoir fait le chemin à 8h du matin slalomant entre les sacs poubelles éventrés, les cartons de pizza et les détritus divers (vers 10h le marché s’y installe, le célèbre « marché des capucins »,   une des variantes marseillaises du souk) mais là c’était le pompon. Tous les 3 mètres, de chaque coté de la rue, des monticules d’ordures à hauteur d’homme. Certaines poubelles ont été incendiées, ça fait de jolies coulures noiratres de plastique fondu … Je vous laisse imaginer l’odeur,  la prolifération des rats, des mouches et autres joyeusetés, de quoi relancer une épidémie de peste bubonique…

La rue de Rome, la rue St Ferréol, commerçantes, ainsi que la place de la Préfecture ont été dégagées.  Il n’en est pas de meme pour les petites rues adjacentes, dont certaines (la rue Estelle par exemple) sont toujours partiellement ou totalement obstuées par les ordures.

Les éboueurs avaient promis que tout disparaitrait en 2 ou 3 jours, histoire que le centre soit praticable pour la promenade dominicale…

 

14.06.2006

On continue sur la lancée d'hier...

 

Le cru de ce matin, pour le bétisier, est une des nombreuses déclinaisons de ce mal du siècle qu'est le mal de dos, et donc l'hernie discale:

- j'ai une hernie verticale...

- ... ( le remède : rester couché ?!)

13.06.2006

Reflet de la vraie vie

 Aujourd’hui, mon travail consistait à accueillir, informer et orienter les nouveaux entrants dans le dispositif RMI.

Pour commencer, une réunion « d’information collective », rassemblant 20 à 40 personnes dans une pièce prévue pour 15, lesdites personnes ne sachant en général pas pourquoi ni comment elles sont là. Juste, elles ronchonnent parce qu’on les a fait lever tôt (pensez donc, une convocation à 9h, un vrai crime de lèse grasse matinée), on les a obligées à sortir de chez elles, on les a privées de leur « amour gloire et beauté » quotidien, bref, on leur fait des misères.        Là, le formateur est chargé de leur expliquer le RMI, sa vie, son œuvre…J’ai pensé intituler les sessions « Bienvenue dans le monde merveilleux du RMI » mais je ne suis pas sure que mon humour serait apprécié à sa juste valeur.        En gros, il s’agit de préciser les choses : pourquoi le RMI, comment il est calculé, qui le paie, qui le perçoit, quelles sont les obligations des allocataires, leurs droits et leurs devoirs…Tout ça ne prend pas beaucoup de temps, SAUF quand vous avez la chance d’avoir dans le groupe des énervés qui s’en prennent à vous et remettent en cause votre petit exposé et votre fonction (oui, ça s’appelle « faire le fusible » et ça fait partie du boulot.. on représente l’institution, -même si ce n’est pas le cas, et donc on est la cible désignée des mécontents, aigris et autres malcomprenants) En général, on constate que ce sont ceux qui crient le plus fort qui ne sont pas les plus à plaindre ou qui font preuve de la meilleure volonté en terme d'insertion... Ensuite, la série des entretiens individuels. Chaque personne ayant assisté à la réunion a droit à une demi heure d’entretien, où est effectué un bilan rapide de sa situation, pour savoir vers qui la diriger ensuite (ANPE, travailleurs sociaux,…) et traiter les cas d'urgence.  En général, c’est là que ça devient drôle. Le public concerné par le RMI est extrêmement diversifié, cela va de l’analphabète au jeune diplômé à bac+5 qui galère pour trouver 1er job, des mères de famille isolées aux cas psychiatriques, en passant par toutes les déclinaisons possibles de la loi de Murphy où du parasite professionnel. Une mine pour récolter des « perles » dignes d’enrichir le « bêtisier de la formation » que je promets depuis logtemps.

 

Pour le plaisir, voici donc un florilège de choses entendues  lors de différentes sessions de cette action ( étrangement, les énormités citées sont souvent l'oeuvre de messieurs ...et le formateur en question, qui reste souvent sans voix devant la « créativité » des stagiaires, c'est moi )

 

- Je ne peux pas travailler, je suis malade

- Ah, et de quoi souffrez vous ?

- J’ai un syndrome de fatigue chronique

- …..

( ah ben oui, forcément…les crises du lundi matin sont en général terribles… Conseil du formateur : expliquez le cas à l’ANPE et contactez la COTOREP , vous verrez bien ! Et voilà le monsieur reparti plein de l’espoir d’être exempté de recherche d’emploi et de vivre grassement de son AAH)

 

 

 

Le monsieur, très énervé : Vous DEVEZ me trouver un appartement !

Le formateur, zen : Je ne crois pas que ce sera possible, monsieur

Le monsieur, toujours énervé : Je ne partirai pas tant que vous ne m’aurez pas trouvé d’appartement ! je sais que vous en avez !

Le formateur, toujours zen : On va se voir souvent alors…mais ça ne sert à rien parce que je ne m’occupe pas de recherche de logement.

Le monsieur, encore agressif : Oui, mais ma femme elle est en Algérie, et elle doit monter à Marseille, et je n’ai pas d’endroit pour habiter avec elle

Le formateur, encore zen : Je comprend monsieur mais moi je ne peux rien y faire, voyez avec l’assistante sociale

Le monsieur : Je suis revenu d’Algérie exprès pour votre convocation ! J’ai traversé la Méditerranée exprès pour vous ! Et j’ai besoin d’un appartement !

Le formateur, agacé  : ….( c’est trop d’honneur…traverser la Méditerranée pour un nos beaux yeux…)

Le monsieur, très agacé : Et puis ma femme , je l’ai pas vue depuis 3 mois !( Ah ? mais je croyais qu’il revenait juste d’Algérie pour ma convo…j'ai du mal comprendre, ou alors il se fout de moi...) J’ai besoin du RMI pour monter ma femme ! ( traduction : pour la faire venir depuis l’Algérie à Marseille, mais j’imagine que s’il ne l’a réellement pas vue depuis 3 mois, son inconscient a du aussi s’exprimer un peu…à l’insu de son plein gré )

Le formateur, stoïque : c’est sur, avoir un appartement ce serait plus pratique pour monter votre femme…

 

 

 

Le formateur ( question de routine) : Avez vous des problèmes de santé qui pourraient vous gêner dans le travail ?

Le monsieur : Oui, j’ai une hernie cérébrale

Le formateur, intrigué  : Une hernie discale ?

Le monsieur, insistant, sur l'air de « il est con ce formateur » : Non, une hernie CEREBRALE !

Le formateur : ... (surtout ne pas rire…)

 

Autre réponse à la même question :                                                                                                                           - Alors , j’ai des mouvements dans la tête ( là, le monsieur, se met à décrire avec ses mains des cercles au dessus de son crâne en roulant des yeux derrière ses petites lunettes), ça me fait partir la vue et de l’électricité dans la jambe droite!

 

 

La dame : je viens pour la ficelle

Le formateur : ????

La dame : oui, tu sais, la ficelle pour le loyer

Le formateur : ah!! le FSL !!! ( ben oui, la ficelle que tu tires dessus et le loyer, il tombe! C'était bien vu finalement)

 

 

Et l'un des meilleurs, que j'ai gardé pour la fin :

 

Le monsieur, indigné : Mais je le gagne, moi, mon RMI ! Je travaille pas !

Le formateur : …..(que voulez vous répondre à ça ?)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La trouvaille de la journée

 

La mondialisation et l'américanisation n'ont pas que des inconvénients : la preuve, je viens de trouver du jus de cranberry dans mon petit magasin Leader Price ! Alleluiah ! (à quand les bagels ?)

11.06.2006

Rassegna

 

Samedi soir : concert de la Compagnie Rassegna, au Plan d'Aubs, un petit village niché au cœur de la Sainte Baume. Il se mérite par une petite route sinueuse, dans la forêt, mais les paysages du Haut Var sont superbes. C'est une église romane, sans fioritures, avec ses arcades rondes. Ce n'est pas la pierre blanche de Silvacane ou Senanque, mais plutôt une pierre un peu rousse, irrégulière, rappelant la couleur de la terre. Autours, la vue sur les collines s'étale à perte de vue, caressées par le soleil couchant.

Au programme, des « chants méditerranéens » . Les artistes sont au nombre de 8, dont une femme, à la fois chanteurs et instrumentistes ( violon, oud, clarinette, guitares, vielle à roue )

Le « chef », derrière sa guitare, réussit à mettre une excellente ambiance en distillant quelques plaisanteries dans les présentations de chaque chant. Les voix, chacune d'une couleur particulière, toujours typées, remplissent l'espace de la chapelle comme si celle-ci n'avait été conçue que pour cela.

En deux heures de concert, nous passons par l'Espagne, la Sicile, le Maghreb, la Grèce, la Corse... Du flamenco aux polyphonies, du chant de résistance anti-franquiste aux complaintes amoureuses, nous voyageons dans les sentiments humains autant que dans les langues et les contrées.

 

 

http://rassegna.free.fr/presentation.htm

http://rassegna.free.fr/discographie.htm#dominos

 

09.06.2006

Réminiscence

 

Ce soir, répétiton de chorale ; nous apprenons un nouvel air, le chœur de Brindisi, de Traviata : « libiamo ne lieti calici... » Au fil des notes me sont revenus le Shubert Theatre, la ballade le long du Boston Common après le spectacle, ...

08.06.2006

Brel, plus juste que je pourrais l'être

   Orly   
  Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux La pluie les a soudés Semble-t-il l'un à l'autre Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux Et je les sais qui parlent Il doit lui dire: je t'aime Elle doit lui dire: je t'aime Je crois qu'ils sont en train De ne rien se promettre C'est deux-là sont trop maigres Pour être malhonnêtes  
  Ils sont plus de deux mille Et je ne vois qu'eux deux Et brusquement ils pleurent Ils pleurent à gros bouillons Tout entourésqu'ils sont D'adipeux en sueur Et de bouffeurs d'espoir Qui les montrent du nez Mais ces deux déchirés Superbes de chagrin Abandonnent aux chiens L'exploir de les juger  
  Mais la vie ne fait pas de cadeau! Et nom de dieu! C'est triste Orly le dimanche Avec ou sans Bécaud  
  Et maintenant ils pleurent Je veux dire tous les deux Tout à l'heure c'était lui Lorsque je disais il Tout encastrés qu'ils sont Ils n'entendent plus rien Que les sanglots de l'autre Et puis infiniment Comme deux corps qui prient Infiniment lentement ces deux corps Se séparent et en se séparant Ces deux corps se déchirent Et je vous jure qu'ils crient Et puis ils se reprennent Redeviennent un seul Redeviennent le feu Et puis se redéchirent Se tiennent par les yeux Et puis en reculant Comme la mer se retire Ils consomment l'adieu Ils bavent quelques mots Agitent une vague main Et brusquement ils fuient Fuient sans se retourner Et puis il disparaît Bouffé par l'escalier  
  La vie ne fait pas de cadeau! Et nom de dieu! C'est triste Orly le dimanche Avec ou sans Bécaud  
  Et puis il disparaît Bouffé par l'escalier Et elle elle reste là Cœur en croix bouche ouverte Sans un cri sans un mot Elle connaît sa mort Elle vient de la croiser Voilà qu'elle se retourne Et se retourne encore Ses bras vont jusqu'a terre Ça y est elle a mille ans La porte est refermée La voilà sans lumière Elle tourne sur elle-même Et déjà elle sait Qu'elle tournera toujours Elle a perdu des hommes Mais là elle perd l'amour L'amour le lui a dit Revoilà l'inutile Elle vivra ses projets Qui ne feront qu'attendre La revoilà fragile Avant que d'être à vendre Je suis là je le suis Je n'ose rien pour elle Que la foule grignote Comme un quelconque fruit  
  Ce n'était pas Orly... mais tous les aéroports se ressemblent,  et je n'oublierai pas Logan Airport, en ce samedi d'août                                                                                                                                                                                                                              mais tous les aéroports se ressemblent, et je n'oublierai pas Logan Airport, en ce samedi d'aoüt.     

05.06.2006

Angie


Angie, Angie, when will those clouds all disappear?
Angie, Angie, where will it lead us from here?
With no loving in our souls and no money in our coats
You cant say were satisfied
But Angie, Angie, you can't say we never tried
Angie, you're beautiful, but aint it time we said good-bye?                                                                              
Angie, I still love you, remember all those nights we cried?
All the dreams we held so close seemed to all go up in smoke
Let me whisper in your ear:
Angie, Angie, where will it lead us from here?
Oh, Angie, don't you weep, all your kisses still taste sweet
I hate that sadness in your eyes
But Angie, Angie, aint it time we said good-bye?
With no loving in our souls and no money in our coats
You cant say were satisfied
But Angie, I still love you, baby
Evrywhere I look I see your eyes
There ain't a woman that comes close to you
Come on baby, dry your eyes
But Angie, Angie, aint it good to be alive?
Angie, Angie, they cant say we never tried



J'ai toujours aimé cette chanson des Stones, et elle m'est revenue en mémoire récement, de façon très aigue. Elle me parle plus intimement que jamais, je crois. L'histoire d'une liaison qui se rompt en dépit de l'amour des protagonistes, le renconcement après avoir tout essayé... ou presque.
You can't say we never tried...
Did we, did you really tried ?

04.06.2006

Musique !

Nous avons recommencé à travailler le Stabat Mater de Rossini. Voilà qui me renvoie des années en arrière, avec un souvenir quasi magique. Deux choses surtout : St. ; et la sensation lors du concert. C'était mon 1er concert classique, en 1998, j'étais dans le Chœur depuis 1 an ou 2. Impression unique, jamais retrouvée par la suite, d'être dans une bulle, un cocon, comme en apesanteur, DANS la musique. Ne pas voir passer le temps, ne pas s'apercevoir que l'on a mal au pieds ou que l'on a trop chaud à cause des projecteurs. Ne pas sentir l'effort de la « performance » vocale. Être bien, simplement, dans le lieu et le moment le plus justes qui soient. Je me souviens aussi du magnifique mezzo-soprano de Raphaëlle Ivery qui fut une des 4 solistes . C'était la 1er œuvre classique que je travaillais, de surcroît une œuvre dont j'ignorais l'existence avant de devoir la chanter. Ma culture musicale de base, bien que plutôt classique, ne me portait pas vers la musique vocale, qu'elle soit profane ou religieuse. J'ai appris avec le Chœur l'amour des Requiem et de l'Opéra. Mais cette époque était aussi celle de St. Je pourrais presque appliquer à ma vie une chronologie liée à mes rencontres, comme on on dit en Histoire « cela se passait sous le règne de Louis XIV ». Je me souviens des moments où nous répétions ensemble, soprano et baryton, moi avec mes hésitations de débutante, lui avec sa voix de velours et sa manière particulière de considérer la musique comme avant tout rythmique, en bon percussionniste. Je me souviens de sa maison, un petit studio à Martigues, où la batterie prenait presque plus de place que le reste. Les tentures sur les murs, le lit en mezzanine, l'odeur de l'encens et du patchouli. Les murs trop mal isolés pour contenir le son de l'instrument, au grand dam des voisins qui devaient voir régulièrement envie d'étrangler cet olibrius bruyant. Ainsi, l'été, nous chargions la batterie dans le coffre de sa voiture (une R5 plus proche de l'épave que de la voiture digne de ce nom, qui roulait réellement par pitié pour nous), et prenions la clé des champs. Une fois sortis de la ville, direction de la campagne, dans les collines,à la recherche d'un endroit tranquille pour nous installer. Il s'agissait alors de remonter l'instrument, pièce par pièce, cymbale par cymbale. Je m'installais à l'ombre des pins pour lire ou pour écrire, pendant que lui jouait. J'avais même fini par apprendre quelques rudiments moi même. Moments décalés mais aussi une certaine forme de perfection de l'instant, réunissant comme il se doit la musique et l'amour. Ceci dit, le romanesque décalé ne devait pas séduire de façon égale tout le monde, à en juger par notre rencontre un jour avec un garde-forestier (ou un policier municipal, peut-être, enfin, un homme-en-uniforme) qui nous fit dégager manu militari, ne voulant visiblement pas croire que nous ne faisions rien de répréhensible. (A croire que les coups de tambours perturbaient considérablement la vie des habitants de la guarigue : les cigales devaient se sentir victimes de concurrence déloyale, et les lapins de stress intense...)

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