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26/02/2014

Réminiscence

Ô moi ! Ô la vie ! Tant de questions qui m'assaillent sans cesse, ces interminables cortèges d'incroyants, ces cités peuplées de sots. Qu'y a-t-il de beau en cela ? Ô moi ! Ô la vie ! ».

Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime... Quelle sera votre rime ?

Il y a en ce moment une publicité (Apple je crois), qui reprends ce texte de Whitman comme habillage sonore de son message. C’est une étrange chose pour moi. D’abord, je ne vois pas trop quel est le rapport entre le texte et le produit, disons que la récupération commerciale a tendance à me gêner

Et puis… et puis ce texte-là a une saveur très particulière, même si j’ignore à peu près tout de l’œuvre de son auteur. Il me renvoie à l’année de mes 17 ans, et à mon film culte de l’époque : le cercle des poètes disparus. Je crois avoir regardé la vidéo jusqu’à usure de la bande ou presque, je connaissais les dialogues par cœur, j’avais  besoin d’y revenir souvent, de le visionner comme on se ressource. Sur ces années-là, 2 films ont drainé la jeunesse : le grand bleu et le cercle des poètes disparus. Incontestablement, j’avais fait partie du « cercle », y trouvant plus que  chez Besson ce je ne sais quoi qui me parlait – même si finalement les deux films tricotaient les thèmes de la recherche d’absolu et de liberté, la version « littéraire » de Peter Weir était plus proche de mes préoccupations de l’époque, où l’écriture était encore ma planche de salut.

Que penserais-je du film si je le revoyais aujourd’hui ? Est-ce que ça me parlerait autant, le « carpe diem », l’anticonformisme et la recherche de la liberté ?

 

Quelle a été, jusqu’ici, ma rime ?

06/10/2013

Campagne aixoise, bon vin et photographie

Pour profiter des moments de beaux temps entre les orages, je suis allée balader ce dimanche après-midi au domaine de saint Ser. But avoué : faire une dégustation de vin, but secondaire : faire des photos. (Et vice versa)  Je n’ai pas eu l’occasion de refaire des images depuis mon retour de Prague et cela commençait à me manquer, surtout en cette époque de l’année où les couleurs et les paysages commencent à changer.

Saint Ser, j’y étais allée il y a plusieurs années et j’avais gardé un excellent souvenir de leur cadre comme de leurs bouteilles. Logé à Puloubier, juste au pied de la sainte Victoire, le domaine propose un panorama imprenable sur des paysages de carte postale. Par contre, je ne me souvenais pas du jardin ou les roses alternent avec les vignes, juste à côté du vignoble lui-même. Les propriétaires ont eu l’excellente idée de réalise une sorte de « jardin botanique » de la vigne,  plantant, en rangées parallèles, différents cépages –présents ou non dans la production du domaine. Chaque cépage est identifié par un petit écriteau planté au début de la rangée, on peut donc voir (et gouter, s’il reste des fruits sur les pieds) les variétés que l’on retrouve plus habituellement citées sur les étiquettes de vins : rolle, syrah, clairette, muscat, mourvèdre ou encore cabernet franc. Au total, une bonne douzaine de cépages  différents, dont certains ne sont plus là qu’à titre d’exemple, leur culture ayant été abandonnée.

Après une petite dégustation, nous sommes repartis (et pas les mains vides !) pour rejoindre une copine à la terrasse de la maison Sainte Victoire pour finir l’après-midi en papotant autours d’un café.

Nous sommes repartis chassés par le tonnerre  qui commençait à gronder au-dessus de nous et par les grosses gouttes d’eau qui commençaient à tomber. En regagnant le parking, nous avons eu tout de même droit à un superbe arc en ciel se détachant sur un ciel bleu marine, avec cette lumière très particulière des ciels d’orage qui faisait ressortir à la fois les feuillages des arbres et les replis de la roche.

Pour le domaine de Saint Ser, c’est ici

Et pour mes images, c’est là ! (l'album s'appelle "Sainte Victoire", ce n'est pas très original je sais ...)

22:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2013

L'Ange du Bizarre




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Dès l’annonce de cette expo, j’ai eu envie d’y aller. Le romantisme noir, c’est tout ce que j’aime (en plus son titre est celui d’une nouvelle de Poe traduite par Baudelaire, vous imaginez !), et même si l’affiche mentionne « de Goya à Max Ernst » c’est surtout Fussli, Böcklin ou Delacroix que je voulais voir. Hélas a priori pas de créneau prévus pour aller faire les touristes  avant debut juin, date de fin de l’expo.

Et puis …. Et puis il y a eu cette surprise au chapitre professioonnel, le démarrage d’une nouvelle mission dont les trois premiers jours devaient se dérouler sur Paris, au départ 3 jours pleins, et qui se sont transformés en 2 jours et demi suite à un changement de planification. Je me suis donc retrouvée avec un apres midi de libre, et le choix entre avancer mon billet de train pour rentrer plus tôt ou utiliser ce temps libre  pour jouer les touristes sous le soleil parisien. Le choix a été vite fait : ni une ni deux, sitot sortie de mon derniers rdv, j’ai sauté dans le RER direction : musée d’Orsay.

Par chance, je suis arrivée avant midi et j’ai bénéficié du creux de fréquentation de la mi journée . Peu de temps d’attente et un monde raisonnable dans le musée, qui laissait bien l’espace et le temps nécéssaire pour apprécier les œuvres

J’adore le musée d’Orsay et je n’ai pas été déçue par l’expo. J’y ai retrouvé de «vieilles connaissances» : Le cauchemar de Füssli, et La villa au bord de mer de Böcklin, par exemple, mais aussi le Vampire Munch et Galatée de Moreau, ces toiles qui font partie depuis longtemps de mon « petit musée imaginaire personnel », que je connais par cœur en repro mais que j’ai eu la grande joie de rencontrer en vrai (j’allais dire « en chair et en os, ce qui pour le romantisme noir parait assez approprié finalement).

Plusieurs belles découvertes aussi, dont le tableau de Schwabe qui sert de fond pour l’affiche et quelques autres.

Une des bonnes idées de cette expo est de présenter des medias /supports multiples (extraits de films, sculptures, tableaux, gravures, photos,…) mais aussi de replacer dans le temps ce courant artistique en dégageant 3 grandes époques : la naissance (sur les cendres de la Révolution et de la Terreur, avec l’apparition du mouvement romantique dans les différents pays d’Europe), les mutations symbolistes (fin du 19e siècle, l’inquiétante étrangeté et ses déclinaisons), et enfin la redécouverte surréaliste.

C’est à cette dernière partie que j’ai été le moins sensible, alors que je me suis régalée avec les autres. On y explore toutes les facettes de ce romantisme noir, qui décline avec bonheur morbide et sensualité, qu’il s’exprime sous forme de paysages (des ruines, des forets, des gouffres, des mers déchainées, rien ne manque !), de figures fémininines (parfois allégoriques, parfois mythologiques comme Méduse, sorcières ou simples femmes), de squelettes ou de masques.

Les commentaires et encarts de présentation, comme toujours à la fois accessibles et intelligent, rappellent bien l’aspect sulfureux et nouveau de ce mouvement, qui apparait dans une époque historiquement troublée et déçue et se réactive lors de 2 autres périodes de crise, d’abord lors de la guerre de 1870 puis au lendemain de la 1er guerre mondiale.

Explorant les limites des comportements humains, de la barbarie telle que la révèle la guerre (Goya) mais aussi remettant question la philosophie des lumières et prenant à contrepieds la morale, tricotant Eros et Thanatos dans une même dentelle, ce romantisme noir est beaucoup plus que la collection de clichés que l’on tendrait à y voir aujourd’hui par exemple avec la remise à la mode de la figure du vampire.

Un voyage artistique au fil des œuvres et des époques, mais aussi un voyage intérieur, au travers des fascinations ou des dégouts qu’éveillent en nous chacune d’entre elle, voici ce que nous propose cette magnifique expo.

En sortant, je me suis sentie bien, comme après un retour aux sources, enthousiaste malgré la fatigue qui commençait à se faire sérieusement sentir. J’ai abandonné rapidement l’idée de poursuivre par une visite de la collection permanente du musée : il commençait à y avoir vraiment du monde, beaucoup de groupes scolaires, du bruit, de plus après les merveilles de l’expo j’étais arrivée à une sorte de satiété intellectuelle qui ne m’aurait pas permis d’apprécier à leur juste valeur les autres œuvres.

Chose exceptionnelle, je me suis offert le catalogue de l’exposition, qui a efficacement lesté ma valise pour le reste du trajet mais qui me permettra de retrouver à domicile les œuvres commentées.

Cerise sur le gâteau, j’ai quand même e pu changer mon billet de train, et cerise sur la cerise, j’ai été « obligée » de faire le trajet retours en 1er classe !

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Lessing, Paysage montagneux ruines dans une gorge