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08/01/2015

J'y étais

Ce soir à 18h30 était organisé place de la Mairie un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. J’y étais. Je n’étais pas seule. La place était pleine de monde, une foule dense de jeunes et moins de  jeunes, ados, couples, enfants, aixois et étudiants. Tous s’étaient donné le mot pour être là et saluer la mémoire des 12 victimes, clamer leur attachement à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté tout court.

Un bref discours donné par Philippe Senegas, (de la Ligue des Droits de l’Homme) , aux mots justes et choisi, sans récupération politique, se termine par une lecture partielle du poème d’Éluard :

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Liberté

Le début du rassemblement s’est fait dans le silence, un silence impressionnant au vu de la foule présente. Des bougies, fleurs et petits mots sont disposés sur les rebords de fenêtre de la mairie, et sur le socle du grand sapin de Noël toujours présent une main anonyme a écrit «  c’est l’encre qui doit couler et non le sang ». Parmi de nombreux panneaux « je suis Charlie », quelques autres slogans et des stylos dressés. Puis c’est le 1er couplet de la Marseillaise qui s’élève, après une minute de silence. Il sera repris de nombreuses fois, entre les appels divers : « liberté d’expression », «Charlie est vivant » et «  on n’a pas peur ».

J’ai quitté la manifestation au moment où elle descendait vers la Rotonde et le cours Mirabeau. En rentrant, j’ai vu Patrick Pelloux au journal, et comme ce matin en l’écoutant à la radio, j’ai eu les larmes aux yeux. J’admire sa force d’avoir ce discours sans haine, alors même qu’il est frappé en plein cœur par cette tragédie, sa dignité malgré l’intense émotion.

Merci à lui de continuer à porter ce discours d’ouverture à l’heure où fleurissent ça et là les commentaires vengeurs et/ou abjects.

Merci de cette humanité qui est la sienne.

Que cela nous serve de leçon à tous pour continuer, demain, après-demain et tous les jours qui vont suivre, à porter ces valeurs .

DSCN7100.JPG

22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

27/11/2014

Lucien Clergue...à corps et âme

Il y a des moments ou l'actualité vient nous couper herbe sous le pieds : j'avais commencé un post sur Lucien Clergue, suite à la disparition de son ami Manitas de Plata, et voici que c'est Clergue lui-même qui décide de rejoindre son copain .Ça doit bringuer grave là-haut, avec Manitas, Cocteau, Picasso et Eluard, ils doivent avoir bien des choses à se dire après le bout de chemin parcouru ensemble ici-bas. 

J'avais envie de revenir sur l'expo «  Lucien Clergue … à corps et âme » organisée au musée des tapisseries d'Aix   et que j'ai eu le plaisir de visiter il y a quelques semaines : une fois en visite libre, et le lendemain en visite commentée (et en comité réduit de 4 personnes!), laquelle s'est avérée précieuse : des clés de lecture, des informations sur les techniques employées, mais en laissant chacun libre de ses interprétations face aux images.

L’exposition était organisée en 2 parties : les « nus zébrés » et les « surimpressions ».

lucien-clergue-habillée-de-lumière.jpgPour ce qui est des nus, de belles photos en noir et blanc de corps habillés d’effets d’ombre et de lumière, un jeu de contre-jour avec un store vénitien dessinant une sorte de calligraphie sur les dos ou les ventres. Jamais de visage, un grain photographique rappelant de façon étonnante celui de la peau, et le corps devient à la fois graphique et sensuel.

L’autre partie de l’expo est celle qui m’a le plus plu, c’est celle consacrée aux surimpressions.

 

le_fantome_des_arenes_image_full (1).jpgCôté technique, elles sont obtenues en réutilisant une pellicule argentique déjà impressionnée. Le résultat est surprenant et saisissant : on entre dans un monde onirique où nus et scènes de tauromachie se mélangent à l'art religieux ou autre tableaux mythologiques. Un dialogue d'ombres, de couleurs et de formes créant une sorte d'œuvre gigogne, où le hasard donne naissance parfois à de petits miracles de composition. Dieu sais que je déteste la corrida mais 3 compositions autours des scènes de tauromachie m'ont particulièrement marquée. Ici, la figure d'un priant du tombeau des ducs de bourgogne vient rencontrer celle d'un torero, comme une personnification de la mort faisant face à son ouvrier ; là, la silhouette de saint Georges (ou saint Michel?) terrassant le dragon se superpose à la tête d'un taureau gisant vaincu, comme si l'ange venait de transpercer lui-même l'animal de sa lance; et là encore, un squelette ailé étendant ses bras au-dessus d'une foule occupée à regarder le spectacle sanglant. Aujourd'hui ce résultat serait sans doute facile à obtenir avec un logiciel adapté  mais là le miracle tient justement au jeu du hasard et de la  virtuosité dans l'utilisation de l'argentique. J'imagine l'artiste archivant ses pellicules, croquant la scène sur un carnet pour se souvenir de chaque photo, puis parcourant les musées pour trouver l'image complémentaire qui créera l'œuvre.

A lire les commentaires laissés dans le livre d'or de l'expo, les photos de Clergue continuent de ne laisser personne indifférent. Accusé de perversion par les cul-bénis choqués par le « détournement »de peintures religieuse (comme si l'ambiguïté  sensuelle n'avait jamais été présente dans l'art sacré!) ou de « pseudo -artiste d'extrême gauche » par ceux qui disent que « ces photos n'apportent rien aux tableaux il vaut mieux aller les voir en vrai » (comme si le photographe avait décidé que finir le travail commencé par le peintre ou se devait se borner à reproduire l'existant comme dans un catalogue )... Il faut croire que les aixois sont traditionalistes !!!

Pour ma part je me rangerai sans hésitation du côté des enthousiastes et vous encourage à aller découvrir par vous-même cette œuvre.

Une autre expo est d’ailleurs visible encore jusqu'en janvier au musée Réatu d'Arles je compte bien aller y faire un tour prochainement !

http://www.museereattu.arles.fr/les-clergue-d-arles.html

 

 

19:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

24/07/2014

Derniers jours avant la quille

Bosser en été, dans mon métiers, c’est souvent relax : il est bien connu que globalement la France s’arrête du 14 juillet au 15 aout, les effectifs dans les entreprises se clairsement, le rythme ralentit. On boucle les dossiers en cours, on prépare tranquillement la rentrée. J’avais apprécié cette période l’été dernier car justement, elle m’avait permis de me mettre à flot sur tout un tas de sujets et de faire tout ce que d’ordinaire on laisse de côté faute de temps. Cette année c’est un peu différent car je suis sur une « vraie » clôture, mon contrat prenant fin au dernier jour de juillet. J’ai parfois l’impression de me retrouver dans ces climats particuliers de fin d’année scolaire, quand fin juin on allait encore à l’école pour la forme mais où on n’y faisait pas grand-chose hormis voir les copains, ranger ses livres et jouer aux jeux de sociétés que chacun amenait dans son cartable. Pas de jeu de société ici (quoi que, je m’autorise un peu de FB alors que jusqu’ici je n’ouvrais même pas ma boite mail perso pendant les heures de travail !) mais du rangement, du tri, du bouclage pour que ce que j’ai initié continue au mieux « après ». Par considération pour mes collègues qui vont devoir prendre le train en marche et à qui je souhaite éviter les joies de la passation pourrie à laquelle j’avais eu droit en arrivant. Et puis parce que le monde étant petit, il vaut mieux partir en laissant la meilleure impression possible …. J’avoue avoir un peu hésité sur la stratégie à mettre en œuvre tant l’annonce de cette fin de contrat a été particulière, mais finalement j’ai opté pour celle qui consistait à agir le plus professionnellement possible en menant jusqu’au bout les actions entreprises. Ma « to do list » se réduit chaque jour, et mon seul stress reste le « vais arriver à tout boucler » dicté par un sursaut de perfectionnisme. Rien de grave, au regard ces 6 derniers mois à encaisser une énorme pression et à faire des semaines à rallonge. La pression s’est évanouie instantanément quand j’ai compris que je partais, et mes journées de boulot ont repris un format normal. Bien sûr, cela ne m’enchante pas plus que ça de replonger dans le parcours du combattant de la recherche d’emploi (quoi que j’aie l’impression de ne jamais avoir réellement arrêté de pratiquer ce sport là depuis que j’ai mis les pieds sur le marché du travail …), mais justement, je connais l’exercice et je m’y suis préparée.

 

Et puis, prenons le côté positif : dans 8 jours je suis en vacances !

08:40 Publié dans Blog, Boulot | Lien permanent | Commentaires (0)