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08/02/2012

Accelerando

Je viens d'apprendre - enfin, je sais depuis quelques jours, que le top départ pour les travaux chez moi est prévu pour mars, et même début mars. C'est à dire ... dans 3 semaines ! Moi qui m'étais préparée psychologiquement pour un démarrage en mai ( on m'avait dit "au printemps" donc allez savoir pourquoi j'avais associé "mai" ), je me retrouve légèrement prise de court parce que concrètement, rien n'est prêt !

Certes, il y a bien quelques sujets qui ont avancé : le plan de ré-agencement de la salle de bain et de la cuisine, après moult versions successives et moult prises de têtes, semblent enfin fixés, moyennant un pèlerinage chez Ikéa samedi dernier, bien calé entre une assemblée générale et un repas de famille en forme de réunion de chantier. Manque encore ce satané carrelage de sol, tout l'électroménager ; l'énigme de la crédence, du plan de travail et de la couleur des murs de la cuisine reste à résoudre ainsi que l'aménagement de la chambre (tapisserie, dressing,...), et j'en oublie. Et même dans ce qui a été choisi, rien n'est acheté ! Je pensais naïvement démarrer les travaux une fois tout choisi, acquis et stocké afin d’être utilisé au fur et à mesure de l'avancée du chantier, visiblement ça ne va pas exactement être le cas !

Évidement aussi, tout s’accélère au moment où mon temps disponible pour gérer tout ça vient de rétrécir furieusement, suite au démarrage lundi de ma nouvelle mission de travail. Loin de moi l'idée de m'en plaindre, mon objectif était d’être en poste au moment des travaux, je suis très contente que ce soit le cas : en effet, je ne vois pas du tout comment j'aurais pu concilier recherche d'emploi et chantier.

Reste qu'il faut organiser le déménagement, puisque nous organisons un repli stratégique dans le studio pendant au moins 2 mois, histoire de laisser le champ libre au chantier. Vider les meubles et les placards, faire les cartons, distribuer ce qui va être utilisé donc emporté et ce qui va être stocké un peu dans notre cave, beaucoup dans le garage de mes parents, trouver des bâches pour protéger les meubles qui resteront sur place, etc . Et bien sur, aussi, finaliser les choix, effectuer les achats ... Tout en assurant le boulot, le quotidien, les activités annexes qui elles aussi continuent et retranchent autant de disponibilité ...

Bref, si quelqu'un connaît une manière de démultiplier le temps, qu'il me donne la recette !

20:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chantier

14/10/2011

Looking back

Cela fait toujours drôle de revoir, des années après quelqu'un avec qui on a vécu une histoire. On se souvient des bons moments, des raisons de la rupture, on se dit que c'était bien d’être ensemble au début et bien de se séparer à la fin.

Quand j'ai connu cette personne, il travaillait, faisait des projets d'avenir, comme tout jeune homme finissant sa vingtaine. Nous nous étions installés ensemble -un passage pour l'un et l'autre du nid familial à la vie de couple. Tout allait bien au début, puis des divergences sont apparues : j'avais envie de bouger, il était casanier, nous partagions peu de goûts ou d'activités. Nous nous sommes mis à vivre à coté l'un de l'autre plus qu'ensemble. Puis il a cessé de travailler. Puis son père est tombé malade, et nous avons enchaîné pendant près d'un an les week-end à l’hôpital, jusqu'à l'issue fatale. L'épreuve ne nous a pas rapproché. Il a décrété que, puisqu'il allait mourir à 50 ans comme son père, ce n'était pas la peine qu'il se fatigue à aller travailler. Je me suis donc retrouvée à vivre avec quelqu'un qui dormait quand je partais au boulot, et que je retrouvais le soir vautré sur le canapé. Ce n'était plus possible, il n'y avait plus de projet, plus d'envie, plus de couple. Des disputes, puis une séparation. Sa mère, très rapidement après notre séparation, est aussi tombée malade, elle est morte moins de 2 ans plus tard. Égoïstement j'étais soulagée de ne pas avoir eu à traverser cela aussi . J'avais bien rendu une ou deux visite de courtoisie à la malade, mais cette histoire ne m'appartenait déjà plus.

Cette semaine, j'ai dû reprendre contact avec lui pour établir un papier officiel disant qu'il n'habitait plus chez moi depuis plusieurs années. Je suis donc retournée le voir, dans sa maison de famille, celle héritée de ses parents, où il habite et qu'il partage avec un de ses frères - étrange cohabitation puisqu'ils font tout leur possible pour se croiser le moins possible.

Je n'ai jamais trouvé cette maison agréable : sombre, encombrée, "rustique"version "brut de décoffrage". Elle l'était un peu moins du vivant de sa mère : sombre oui car c'est une vieille maison aux murs épais et aux petites fenêtres, encombrée aussi mais de façon un peu plus accueillante. J'ai retrouvé là une sorte de maison de vieux garçons, en désordre, peu entretenue, froide.

Il ne travaille pas, vit du RSA , replié dans sa maison : il a récupéré à l'étage une chambre et la salle de bain attenante, un mouchoir de poche au crépi blanc sale, avec un lit toujours défait, une télé, une collection de DVD. Il s'est rajouté une plaque chauffante pour se faire à manger sans avoir à descendre dans la pièce commune et stocke sa nourriture dans le placard de la chambre. Il m'explique qu'il a la vie qu'il voulait, tranquille, dans sa maison et sans travailler. Il vit du RSA et des aides publiques, espère que la gauche va passer pour obtenir plus d'aides sociales. Il cultive un peu d'herbe pour arrondir ses fins de mois.

Je suis contente qu'il ait une vie qui lui convienne, même si je ne peux pas m’empêcher de douter que l'on choisisse vraiment ce genre d’existence, ce renoncement à construire et à progresser , qu'on soit vraiment heureux dans un si petit périmètre et avec de si petites perspectives. Je ne peux pas m’empêcher de trouver cela un peu triste et sordide. Triste surtout parce que c'est une vie qui le condamne à la solitude -quelle fille viendrait durablement s'installer dans ce système? Je lui souhaite néanmoins de trouver quelqu'un qui accepteras de vivre dans un petit village et une vieille maison avec un homme qui vit des aides sociales, je me dis que s'il rencontre quelqu'un il changera et reprendra le chemin de la vie mais ans trop y croire -j'avais déployé beaucoup d'énergie pour ça à l'époque et ça n'avait pas marché.

Je pense que nous étions tout de même contents de nous revoir, il a été adorable pour mon document administratif et il m'a reçue à bras ouverts. Nous avons discuté comme de vieux amis . Il n'y a plus de rancune ou d'animosité entre nous. Il y a juste le temps qui a passé et les chemins qui ont divergé.

20:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

18/08/2011

Milonga revival

 


tango_388425.jpgJ’ai recommencé…. le tango argentin ! Enfin ! J’y pensais depuis un moment, toujours dans la nostalgie de mes années de fréquentation assidue de ce petit milieu il y a quelques lustres. Même le hasard s’y était mis, puisqu’en vacances nous sommes tombés sur un bal tango en plein air sur la place de la cathédrale de Clermont Ferrand.

Et là, je découvre qu’un cours s’est ouvert récemment quasiment en face de chez moi : c’était trop tentant !  Il m’a néanmoins fallu convaincre monsieur, qui m’a accompagnée avec plus de bonne volonté que d’enthousiasme, il faut avouer.

Nous nous sommes donc retrouvés dans une salle plutôt chaleureuse, avec parquet de danse et miroir au mur comme il se doit. Les profs sont sympas, ça me change de certains connu naguère qui, se prenant très au sérieux, étaient aussi amènes qu’un « boleo *» mal placé.

L’approche est originale : tout d’abord, un échauffement pour dérouiller les articulations et prendre les bons reflexes de posture, ensuite un accent mis sur la communication entre partenaire de danse et le ressenti plutôt que la prouesse technique. « Pas de tango de combat chez nous » disent ils, je trouve l’image parlante. Et puis, apprendre à être à l’écoute de soi même et de l’autre ne peut pas faire de mal, surtout quand on vient danser en couple.

Je discute un peu avec Nasser, le prof, en lui expliquant que j’avais fait mon 1er apprentissage du tango il y a bientôt 10 ans (ahem, comme le temps passe...) avec les Trottoirs de Marseille mais que je n’ai plus dansé depuis près de 6 ans. Selon lui, le tango a beaucoup changé depuis et son enseignement également. D’un côté cela m’arrange, au moins aurai-je l’impression d’apprendre quelque chose de nouveau et non pas de rabâcher. Il rassure aussi mon compagnon en lui assurant qu’au cours de débutants, l’apprentissage partira de zéro pour tout le monde (je me souviens de mon 1er cours qui avait essentiellement consisté à apprendre à marcher en ligne, seul puis à deux), et se fera de manière progressive et structurée.

Le cours de ce soir est destiné aux danseurs de niveau intermédiaire ou avancé et sera suivi d’un bal. Des chaussons en papier, qui ressemblent à ceux des blocs opératoires, sont donnés à ceux qui ont des chaussures à semelles antidérapantes, pour avoir un meilleur glissé sur le parquet. J’avais prévu des escarpins à semelle lisse, me souvenant qu’on ne dansait pas en général avec ses chaussures de ville. Beaucoup des femmes présentes ont de magnifiques chaussures : talons, brides, couleurs vives…j’avoue que pour la fondue de chaussures que je suis, cela ne compte pas pour rien dans mon goût pour cette danse !!! C’est extrêmement féminin et sexy.

Durant le cours, les profs s’occupent surtout des élèves (qui, eux, ont payé leur cours, pas comme les touristes que nous sommes) et nous laissent nous dépatouiller sur la musique, ce qui est un peu déconcertant, surtout pour mon compagnon. J’aurais préféré qu’ils nous indiquent comment effectuer les pas de base afin de pouvoir « dansotter » un peu. Néanmoins, les exercices sur la prise d’appui (poids du corps à droite, à gauche,…) et la marche (donc, indirectement, sur le guidage), sont des préalables indispensables : ce sera essentiellement ce contenu qui sera donné aux 2 couples de débutants présents ce soir.

Le cours passe très vite et dès 21h30, de nouveaux danseurs arrivent pour le bal. Dès que la musique commence, j’ai des fourmis dans les pieds (un peu douloureux malgré tout à cause des talons hauts, j’ai perdu l’habitude) et une folle envie de danser pour de bon après les exercices de marche. Je finis par être invitée par un charmant monsieur pour 3 tangos consécutifs, à ma grande surprise et pour ma plus grande joie. Je redécouvre la fluidité du mouvement dans la musique, la subtilité du guidage. C’est « reposant », le tango, pour la cavalière : pas d’initiatives, juste une écoute active du cavalier pour exécuter la chorégraphie, une improvisation conjointe au fil des notes.  J’ai ponctuellement des difficultés pour comprendre le guidage ou pour rester en équilibre, mais globalement, ça va, je peux encore danser et me régaler. Je suis heureuse d’avoir été invitée, heureuse d’avoir su danser et je me sentirais bien de rester là jusqu’à très tard pour danser encore et encore. Cependant, mon compagnon ne s’amuse pour l’instant pas autant que moi, et j’ai des scrupules à le laisser se morfondre sur un banc pendant que je danse, même si je sais qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur. Nous quittons donc le bal vers 22h30, après avoir convenu avec Nasser que nous reviendrons la semaine prochaine et les mercredis suivants avant de nous inscrire officiellement aux cours débutants, mi-septembre.

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* boleo : figure qui consiste, peu ou prou,  pour la cavalière à fouetter l’air de son pied levé et pour le cavalier, en fonction de l’habileté de sa partenaire, à éviter une émasculation malencontreuse à coup d’escarpin…

 

16:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tango, danse